Patrimoine mondial, Patrimoine industriel, calenda.revues.org

Publié le par Maelis

Patrimoine mondial, Patrimoine industriel

de Marin Dacos

Publié le dimanche 27 mai 2001
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Depuis les grandes étapes de la désindustrialisation, on assiste à l'apparition d'un intérêt nouveau pour le patrimoine de l'industrie. La globalisation économique, l'accélération technologique, le développement de l'archéologie industrielle, la prise de conscience de l'importance de l'environnement semblent susciter de nouvelles approches vers ce patrimoine particulier. Celui-ci s'inscrit bien évidemment dans la dimension plus globale de l'histoire des monuments historiques marqués par une désignation, un classement qui nomme un site comme faisant partie d'un héritage qu'il convient désormais de pérenniser, de sauvegarder, de conserver et de transmettre avec des modalités et des processus institutionnels particuliers et historiques qu'il nous faudra interroger. Seulement, pourquoi et comment certaines traces de l'histoire industrielle se métamorphosent en héritage. S'agit-il de porter à la postérité la mémoire d'un groupe social, d'une idéologie, d'une architecture, de techniques de travail ou de rapports de production caractéristiques ayant structuré nos sociétés ? Le legs industriel, s'inscrit-il toujours dans le long terme, dans le besoin de transmettre ?


Question d'autant plus cruciale aujourd'hui que l'accélération du processus de désindustrialisation rend obsolète toujours plus de bâtiment industriel en Europe entière. Nombre sont détruits, d'autres sont inventoriés et/ou bénéficient de mesures de protection et de sauvegarde, beaucoup sont l'objet de mise en valeur, de réhabilitation architecturale ou de conservation. Les acteurs participant à ce processus ne se limitent plus aux services de l'Inventaire et des Monuments Historiques ou encore au milieu universitaire et érudit. Elus locaux, architectes, urbanistes, industriels et commerçants, co-construisent et se partagent désormais ce legs particuliers.


Suite à une prise de conscience des valeurs technique, culturelle et sociale que ce patrimoine recèle, son intégration dans les contextes urbains et sociaux contemporains est devenue un des enjeux majeurs pour l'aménagement et l'identité des villes européennes.


Comment interpréter ce phénomène ? Peut-on dès lors parler de patrimoine industriel ou de patrimoine ouvrier ? Cela revient à se demander comment le définir ? Observe-t-on une unité ou plutôt une diversification des instrumentalisations de cet héritage ? Quel est désormais son rapport avec la mémoire, l'idéologie, l'histoire, le temps et l'espace ?


D'autres questions semblent également se poser: Que met-on réellement en valeur dans ces sites et pourquoi ? Y cherche-t-on systématiquement une production culturelle ? Comment passe-t-on de la phase du monument protégé à la phase du monument média ? Y découvre-t-on a posteriori une plastique industrielle?


 

 

 

 

 

 


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