Île Seguin : le conseil d’experts planche sur un "projet ambitieux, à la hauteur du passé de Billancourt"

Publié le par Maelis

Île Seguin : le conseil d’experts planche sur un

«projet ambitieux, à la hauteur du passé de Billancourt»

Novembre 2005

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Jean-Pierre Fourcade, sénateur maire de Boulogne-Billancourt, et Jacques Gautier, premier vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, représentant son président Nicolas Sarkozy, ont installé le 10 novembre le conseil d'experts désigné pour le devenir de l'île Seguin.

La mission de ce conseil est de définir un projet ambitieux mais réaliste pour l’île Seguin, après le retrait de François Pinault et de sa fondation d'art contemporain. Au cours de ces derniers mois, le caractère exceptionnel du site de l'île Seguin a suscité une profusion d'idées et de propositions. C’est au conseil constitué de 24 personnalités* de haut niveau, de tous horizons culturels et professionnels, et de 12 élus, qu’il reviendra de les apprécier mais aussi de conduire ses propres réflexions afin de faire «des propositions organisées et évaluées» pour l'avenir de l'île Seguin.

Réunis pour la première fois le 10 novembre dans l’hémicycle de l’hôtel du département, ces experts ont pu exprimer leurs suggestions. Mais c’est tout d’abord Nicolas Sarkozy, représenté par le premier vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, Jacques Gautier, qui a adressé un message fort : «Nous avons souhaité réunir les meilleurs connaisseurs de chaque domaine, car l’île Seguin doit avoir un projet à la hauteur de son passé. Si l’ambition du 21e siècle n’est plus le travail à la chaîne, nous nous réclamons tous du progrès symbolisé par Boulogne-Billancourt. Renault avait un temps d’avance. Nous devons conserver cette ambition.»

Jean-Pierre Fourcade a ensuite rappelé les différentes propositions dont il a déjà été saisi - près d’une quarantaine - et qui peuvent être regroupées en cinq grandes familles :

- art et création contemporaine, avec notamment un «Centre européen de création contemporaine» évoqué par le Premier ministre, un «Musée des installations» imaginé par Jean de Loisy, un hall de «réserves visitables» des collections du Centre Pompidou, du FNAC ou encore des FRAC, et le projet proposé par M. Berardo, grand collectionneur d’art contemporain portugais
- sciences, éducation, développement durable, comme le projet «l’Homme transparent», exposition-spectacle sur le corps humain et musée de la médecine de demain , la «Cité des savoirs du XXIe siècle», projet pédagogique porté par des enseignants et des parents d’élèves boulonnais, «l’Ile de la Terre» et «Planet Observer», projets de vulgarisation et de sensibilisation interactive au développement durable, ou encore l’«Exploradome».

- musique, avec le projet de la ville de Boulogne-Billancourt d’une Scène des Musiques Actuelles (SMAC).

- mémoire et création industrielles. Au-delà du passé de Renault à Billancourt, c’est le passé industriel des Hauts-de-Seine qui serait mis à l’honneur, avec l’industrie automobile, l’aviation, le cinéma… Les deux associations d’anciens salariés de Renault, ATRIS pour les ouvriers et AMETIS pour les cadres, sont impliquées et participent à un groupe de travail mis en place par la commission de concertation Seguin-Rives de Seine. Diverses propositions de musées ont été évoquées : une «Cité du Design», un musée de «L’affiche politique» en collaboration avec l’école nationale supérieure de Créations Industrielles, un «Musée des savoirs de l’automobile», consacré à l’histoire technique, industrielle et sociale de l’automobile, auquel pourraient être associés un centre de recherche universitaire spécialisé et une médiathèque

 - tourisme et loisirs. Création d’un grand pôle touristique, d’un vaste ensemble hôtelier avec utilisation de la Seine comme moyen de transport, d’un parc aquatique, d’un grand aquarium ou encore d’un practice de golf…

- Projets et propositions du conseil d’experts.Les experts ont fait part de leur vision des projets en cours et de leur perception des priorités à donner pour l’avenir de l’île Seguin. Jean Nouvel imagine «une scène au milieu de la Seine, un grand espace urbain fédérant toutes sortes d’activités» à côté d’un «Paris qui s’endort». Pour Marc-Olivier Dupin, il faut avant tout penser au public, avant de plancher sur les projets «avec une ambition de nature éditoriale». Jean-Marie Rouart souhaite renforcer le potentiel de légende de Boulogne-Billancourt lié à sa mémoire industrielle en évoquant «un musée de l’automobile et pourquoi pas du cinéma, né dans cette ville». Christian Bréchot de l’INSERM milite pour «un véritable espace de recherche axé sur la prévention, les soins et la diffusion des connaissances, notamment grâce à la création d’une bibliothèque de vulgarisation qui n’existe pas en Europe». Olivier Kaeppelin et Bruno Racine insistent sur le manque cruel «de lieux d’accueil pour les grands créateurs étrangers ou les artistes vivant chez nous» et Armand Frémont rêve de «réinventer une nouvelle cité universitaire.»

 

Vers l’Île des deux culture

Jean-Pierre Fourcade a conclu cette première réunion en rappelant le travail du conseil municipal de Boulogne-Billancourt et de ses partenaires qui, depuis cinq ans, étudient l’urbanisation des 52 hectares délaissés par Renault sur le territoire de la ville : «Le projet de l’Île des deux cultures a été créé autour de deux pôles : un pôle culture et loisirs appuyé sur des équipements attractifs et permettant d’accueillir de nombreux artistes et le public, et un pôle sciences-recherche-activités faisant partie du pôle de compétitivité MediTech, recevant aussi bien des institutions publiques comme l’INCa que des entreprises de haute technologie. Le travail du comité d’experts est de réfléchir aux différentes pistes susceptibles de déjà constituer un projet ambitieux, cohérent mais réaliste, en synergie avec les projets engagés : l’île Seguin doit être un lieu fédérateur qui rayonne au-delà des frontières locales et nationales

Six réunions sont prévues entre décembre et mars 2006, pour la restitution des travaux de ce conseil.

 

*Présidé par Nicolas Sarkozy et par Jean-Pierre Fourcade, le conseil est composé de 22 experts reconnus, venus d’horizons différents, aux quels se joignent François Kosciusko-Morizet, maire de Sèvres, Hervé Marseille maire de Meudon, les trois premiers maires adjoints de Boulogne-Billancourt Gérard de Vassal, Pierre-Mathieu Duhamel et Dorothée Pineau, et les trois conseillers généraux Pierre-Christophe Baguet, Francis Choisel, Thierry Solère.

Jean Nouvel et Christian de Portzamparc, architectes, Olivier Philippe, Gilles Clément, Pascal Cribier, paysagistes, Bruno Racine président du Centre Pompidou, Jean-Hubert Martin ancien directeur du musée d’Art moderne, directeur du musée de Dusseldorf, Michel Coté directeur du musée des Confluences (musée des Sciences et de la Vie) à Lyon, Pierre Boulez compositeur et chef d’orchestre, Marc-Olivier Dupin compositeur, directeur de l’orchestre régional d’Ile-de-France, ancien directeur du Conservatoire national de musique, Marie-Thérèse François-Poncet responsable de la commission musiques actuelles de la Fédération nationale des communes pour la culture – FNCC, Dominique Bourg philosophe, professeur, directeur du Centre d’études et de recherches, Bertrand Collomb président directeur général de Lafarge, président de l’AFEP, Anne Ducroux présidente du Conseil national du développement durable, Xavier Chapuisat ancien président de Paris-XI, ancien président de la conférence des présidents d’universités, Christian Bréchot directeur général de l’INSERM, Armand Frémont géographe, ancien recteur de l’académie de Versailles, spécialiste de l’aménagement du territoire, Jacques Glowinski professeur – directeur du Collège de France, Jean-Marie Rouart écrivain – membre de l’Académie Française, Alain Finkelkraut écrivain, Louis Schweitzer président du conseil d’administration de Renault, Bernard Faivre d’Arcier ancien directeur du Festival d’Avignon.

Tous les élus étaient présents, huit experts n’avaient pu se rendre à cette première réunion.


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