La “bagnole” à l’île Seguin, encore un avatar tourné vers le passé ...?

Publié le par Maelis

La “bagnole” à l’île Seguin, encore un avatar tourné vers le passé ...?

de Jérôme Auzolle

25 septembre 2005
www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=893

Dans une tribune de la rubrique “Horizons” le quotidien du soir “Le Monde” , livre dans son édition du week-end ( datée dimanche-lundi 25-26 septembre 2005 ) une tribune signée de personnalités parisiennes universitaires comme : Louis Bergeron, Christian Bromberger, Guy Burgel, Jean-Louis Cohen, Yves Cohen, Gérard Monnier, Pascal Ory, Marcel Roncayolo, Paul Smith, Denis Woronoff. “

 

Que proposent-ils ? Oubliée feu la mémoire ouvrière, et Jean Nouvel, oublié le quartier nouveau avec son musée d’art contemporain plaidé par le conseiller spécial François Barré et le grand prix d’urbanisme JL Subileau, voici la proposition de consacrer l’île Seguin à “l’histoire de l’automobile”.

 

Ces personnalités de l’université des sciences sociales, garagistes des terres en déshérences, constatant la “tabula rasa” factuelle de l’île, proposent, puisqu'il s’agit d’un “haut lieu de l’histoire automobile,” d’y édifier un “ pôle dédié à la civilisation de l’automobile.”

 

C’est un gag ou est-ce sérieux ? à l’heure ou l’on commence à se résoudre à “sortir” la voiture de la ville ?

Puisque la mémoire ouvrière faisait peur à Boulogne, essayons de la réintroduire sous le nom des belles automobiles semblent ils proposer. Mais l’histoire de l’automobile; c’est l’histoire du XXe siècle, de la montée de l’industrialisation, mais aussi de la nationalisation pour collaboration des usines Renault, de l’immigration en masse, des classes laborieuses, du taylorisme importé des USA, mais aussi des dizaines de milliers de morts sur les routes, de la pollution, et une des causes du réchauffement climatique destructeur, du gâchis d’un mode de vie égoïste qui privilégie l’intérêt individuel au détriment ou à la charge de la collectivité ?.

Cette “cité de la voiture ancienne” (sic) semble révélatrice d’une incapacité, même parmi des universitaires, certes d’un certain âge, d’inventer l’avenir. De se projeter dans l’avenir, d’être pertinent à la question : Qu’est ce que construire au XXIe siècle ? Mais aussi qu’est ce qu’une pauvre île enclavée et rasée ?

Le mythe de la voiture, n’est il pas sérieusement dépassé ? Que représente il encore ? La matérialisation d’un quelconque prétexte est-ce encore une réponse contemporaine dans un monde de pouvoir dématérialisé ?

N’est-ce pas encore vouloir construire selon le modèle de la gare du XIXe siècle, un objet monolithique que l’on peut fermer tous les soirs ? Une vision archaïque et passéiste de la centralité urbaine ?

Puisque nous avons rasé, alors inventons, assumons une vision neuve du XXIe siècle. Un laboratoire oui, mais un laboratoire du futur, pas de l’expression d’un énième romantisme de ce si cher et magnifique temps passé. Un laboratoire qui dise quelque chose au monde entier, comme par exemple; “nous sommes vivants.” faisons en sorte de ne pas avoir à dire : “venez admirer notre Louvre de la bagnole sur notre île cimetière.”

 

A croire que dès qu’une opportunité urbaine se dégage (que ce soit aux Halles, à l’île Seguin, ou ailleurs) il s’agit d’empêcher la moindre émergence de se faire jour, mais aussi le moindre logement social ?

 



 

 

 

 

 

 

 

 


 

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