Musée de l'Immigration d'Ellis Island, www.insecula.com

Publié le par Maelis

Musée de l'Immigration d'Ellis Island

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vue le 12 mars 2006

Le centre d'immigration fermera ses portes en 1954. Il sera abandonné à son sort jusqu'en 1965, date à laquelle président Johnson en fera un monument national. Le président de Chrysler Lee Iacocca, à la tête d'un comité de soutien, mobilisera 156 millions de dollars en 1982 pour restaurer le site et en faire un musée.

Les travaux prendront fin en 1990. Le musée sera inauguré le 10 septembre. Il accueille aujourd'hui deux millions de visiteurs par an.

Construit sur deux niveaux, le musée occupe le bâtiment qui accueillait les immigrants qui débarquaient et subissaient le premier tri. La visite commence par la Salle des bagages (Baggage Room) qui constitue le hall d'entrée. Les nouveaux arrivants devaient y laisser malles et bagages avant d'accomplir les formalités administratives.

Ils devaient ensuite prendre les escaliers pour se rendre à la Salle d'enregistrement (Registry Room), construite comme une salle à bestiaux et également appelée "les six secondes physiques". Des médecins, postés en haut des marches, faisaient un premier diagnostic en observant comment les immigrants montaient les marches. Ils signalaient ceux qui méritaient un contrôle en inscrivant à la craie sur les vêtements le lettre E (Eyes) pour les yeux, H (Heart) pour le coeur, L (Lungs) pour les poumons et X pour les déficiences mentales. Ceux qui échappaient à la visite pouvaient directement accomplir les formalités d'entrer sur le territoire.

L'Escalier de la Séparation (Stairway of Separation) servait d'aiguillage final. Les 98% personnes admises pouvaient se rendre à un bureau de change et au guichet des ferry-boats pour New Jersey ou Manhattan. Les exclus prenaient le couloir central qui les conduisait vers les dortoirs ou l'hôpital. Le système refoulera environ 250.000 personnes qui devaient embarqués sur les navires en partance. Les ailes situées dans les ailes du premier étage exposent des portraits et des affaires personnelles des expatriés volontaires. Certaines photos montrent des immigrants qui serrent entre les dents leurs cartes d'immatriculation, d'autres dont le billet de train est épinglé au revers du col. Nombreux ne savaient pas ce qui les attendaient. Les rues de New York n'étaient pas pavées d'or. En fait, le plus souvent, elles n'étaient pas pavées du tout. Et ils comprenaient alors que c'était pour qu'ils les pavent qu'on les avait fait venir.

Le Centre d'histoire de l'immigration de la famille américaine du musée de l'immigration d'Ellis Island a constitué une base de données informatisée qui recense les personnes ayant transité sur l'île. Le travail d'archivage, accompli par 12.000 bénévoles de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, a commencé en 1993 et a pris fin en 2000. Il a nécessité 5,6 millions d'heures de travail.

22 millions de noms ont été extraits des listes d'arrivées de passagers entre janvier 1892 et décembre 1924, parmi lesquels des étrangers, des citoyens américains, des membres d'équipage, des étrangers non immigrants, des déportés, et des gens qui avaient raté le bateau. Ce travail recense 71% des arrivées aux Etats-Unis de 1892 à 1924.

Les registres individuels comportaient généralement les renseignements suivants : nom et prénoms du passager, nom du navire, port de départ, port d'arrivée et date d'arrivée. Pouvaient également être mentionnés le sexe, la situation de famille, la nationalité, des parents ou des amis en dehors des Etats-Unis, des parents aux Etats-Unis, la date et le lieu exacts de naissance. Le nombre de colonnes de renseignement passera de 15 colonnes les premières années à 36 dans les dernières. Les ports de départ les plus souvent mentionnés étaient situés dans les pays suivants: Italie, Autriche, Hongrie, Russie, Finlande, Angleterre, Irlande, Ecosse, Canada, Terre-neuve, Allemagne et Pologne.

Le visiteur qui découvre un ancêtre dans la base de données peut imprimer une copie du manifeste des passagers et une photo du navire sur lequel cet ancêtre s'était embarqué. Les internautes peuvent consulter la base de données sur le site "ellisislandrecords.org". Les Etats-Unis accueillent aujourd'hui environ 700.000 personnes par an. En 1780, un Américain sur quatre était le descendant d'un Anglais ou d'un Irlandais. La première vague importante d'immigration, en provenance d'Europe, aura lieu entre 1840 et 1860. Elle sera essentiellement composée d'Irlandais, d'Allemands et de Juifs d'Europe de l'Est.

La loi Johnson-Reed, votée par le Congrès en 1924, instituera un système de quotas par pays basé sur les origines des personnes vivant déjà aux Etats-Unis. Cette décision devait favoriser les Européens et freiner l'immigration de la communauté asiatique dans l'Ouest. Une nouvelle législation mettra un terme à cette ségrégation en 1952. Aujourd'hui, la communauté asiatique est celle qui augmente le plus rapidement et qui s'adapte le mieux au pays. Certaines universités américaines prestigieuses ont du adopter des mesures spécifiques pour rendre leur accès plus difficile à cette communauté qui menaçait de devenir majoritaire parmi les étudiants ! En 1950, moins de 4 millions de personnes avaient des origines hispaniques. Ce total s'élève aujourd'hui à 27 millions. La moitié des Hispaniques viennent du Mexique, les autres d'Amérique Latine ou du Sud, comme le Salvador, la République Dominicaine, la Colombie et Cuba. Plus d'un tiers de cette communauté vit en Californie. Les Cubains sont très représentés en Floride et les Mexicains au Nouveau-Mexique.

Les quotas nationaux ont été remplacés par des quotas par hémisphère en 1965, la préférence étant donnée aux parents de citoyens américains et à des personnes possédant des qualités professionnelles adaptées au marché du travail américain. Le système de quotas par hémisphère sera abandonné en 1978. Depuis 1990, le gouvernement s'est fixé un cap de 675000 d'immigrants par an. La nouvelle loi tente de sélectionner des immigrants très qualifiés et d'attirer des groupes encore peu représentés avec le programme de "Diversity Visas".

 


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